Sanglier Passion


 
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 Trophée

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GVS13
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MessageSujet: Trophée   Mar 10 Avr - 20:04

http://img464.imageshack.us/img464/9900/200601110024zw5.jpg

Le trophée et le récit.

Une « anus pas horibilis » du tout!

A François,

Mercredi 20 décembre 2006 .
Il est 8 heures quand après deux heures de trajet, je gare le land sur la place du petit village haut gardois où je chasse pour la deuxième saison de suite.
Les quelques chasseurs déjà arrivés, toujours les mêmes, commentent bruyamment les faits marquants des deux dernières battues. Evidemment la performance de François qui a manqué 4 sangliers à la suite remporte l'oscar du commentaire. Comme d'habitude, les hautes appréciations des champions toute catégorie du tir de battue et des balisticiens de village du genre: « s'il avait pris son fusil au lieu de la carabine », « s'il était resté au sol au lieu de monter sur le mirador sommaire qu'il avait aménagé », « s'il avait monté un point rouge », « s'il ne s'était pas pressé », si..., fusent et clouent au piloris le pauvre François, qui penaud n'en finit plus d'essayer de justifier ses 4 loupés.
Nous verrons un peu plus loin dans ce récit, qu'il va participer bien involontairement à mon bonheur!
Pendant que se déroulaient tous ces débats, les autres participant à la battue du jour sont arrivés. Certains sont repartis immédiatement faire le pied et c'est seulement à leur retour que le lieu d'attaque sera fixé et les postes seront attribués.
Aujourd'hui, ce sera la « ....... »! Les visages d'un certain nombre d'entre nous se figent, car les poste sont situés dans le « Grand Gravas » qui promet en ce jour de gel et de grande gelée blanche, un descente hard dans ce pierrier de l'enfer. De plus, ce versant est situé plein nord et en plein vent. La vision du soleil est subordonnée à l'emport d'une carte postale estivale. Après moultes discussions, les volontaires et les désignés se mettent en route, car la route est longue et difficile pour accéder aux postes.
J'hérite pour ma part de la ligne du « Petit Gravas », mon chef de ligne vous l'aviez déjà compris est François. Celui ci, traumatisé à tout jamais par l'aventure de la semaine dernière a décidé de me laisser son poste. Cette ligne de 5 postes est assez performante, mais elle recèle un inconvénient rédhibitoire pour certains, la déchetterie voisine génère beaucoup de bruit. Bof me dis-je, nous verrons bien!
Mes deux voisins, François et Georges me désignent mon poste. Celui ci est situé au bas d'un pierrier possédant une pente de 45° d'une cinquantaine de mètres de long, en léger surplomb d'un ruisseau à sec, mais recouvert par des buis. Après avoir repéré les postes respectifs de mes deux voisins, les cheminements ( caral )possibles empruntés par le gibier et mes angles de tir, je m'installe sur mon « setti » pour une attente qui ne sera pas inférieure à 6 heures.
Il fait froid, le soleil n'arrive pas à passer par dessus la crète de la pente qui me fait face et la déchetterie, fidèle à sa réputation, est vraiment bruyante. Par moments, la ronde des camions s'interrompt et aussitôt la nature reprend ses droits en ce début d'hiver.
Une heure environ s'est écoulée depuis mon installation; il est un peu plus de midi et c'est l'heure de la pause pour les employés de la déchetterie.
Soudain, sur la pente qui me fait face, et légèrement sur la droite, une silhouette noire sur fond d'épaisse gelée blanche, défile derrière des baliveaux. Instantanément la BAR saute à mon épaule, mais je résiste à l'envie de tirer, car j'ai peur que la végétation ne perturbe la trajectoire de ma balle. La vision fugitive de ce sanglier qui m'a semblé de forte taille a déjà fait monter mon taux d'adrénaline. Susscrofa a continué sa route. Il est maintenant dissimulé par les buis qui recouvrent le ruisseau. Il est vraisemblablement arrêté au fond et en train de choisir la suite de son parcours. Ce sera la poursuite de sa route dans le lit du ruisseau asséché avec une possibilité nulle pour moi de le tirer, ou le « caral » en face de lui et seulement 1 mètre de dégagement pour pouvoir placer ma balle, ou le « caral » qui oblique vers moi et me ménage la meilleure position de tir. Alors que ma tension artérielle est à son maximum, il surgit des buis et emprunte l'itinéraire dont j'avais rêvé. Il avance vers moi, ¾ face, je jouis 1 seconde de la vision de ce magnifique animal. Le réticule lumineux de la S&B se pose juste derrière l'écoute. 25 mètres, « boum », les 10,6g de la FIP battue en 300W viennent foudroyer ce beau mâle. Il s'écroule, puis roule et tombe dans les buis qui l'ensevelissent. C'est fini, le silence retombe. Tout redevient comme s'il ne s'était rien passé. Tout a disparu y compris l'objet de toute cette émotion et cette excitation. Mes deux voisins de poste qui n'ont rien vu et rien entendu, à part la détonation, m'interrogent du regard. D'un signe de la main je leur indique que le tir est réussi.
A partir de cet instant, l'attente de la fin de battue va devenir insupportable. Le peu que j'ai pu voir de ce sanglier me laisse espérer un beau trophée, mais il est inaccessible pour l'instant. Aucun chien n'arrive sur le pied. Sûrement encore un vieux roublard qui se défilait pendant que les animaux de la compagnie retenaient toute l'attention et le mordant des chiens d'André.
¼ d'heure après cet épisode, une mène passe sur le versant qui me fait face et provoque sur ma droite une salve nourrie qui s'avérera sans effet. Un peu plus tard, j'observe trois chiens qui grimpent en aboyant vers une falaise surplombant le « Grand Gravas ». Les voix diminuent progressivement puis s'éteignent. Dans le lointain, des détonations signalent que je ne suis pas le seul à avoir eu la chance de tirer un animal. Cela fait bien une heure que le silence est retombé, quand je commence à entendre de nouveau la voix des trois chiens qui semblent revenir dans mon dos. L'écho porté par ces vallons encaissés ne me permet pas de déterminer s'ils mènent devant ou derrière moi.
Le vacarme provoqué par l'arrivée d'un animal lancé à fond de train dans la descente du pierrier, ne me laisse plus de doute. C'est dans le dos. Au moment où je me retourne, je vois un splendide brocard dévaler la pente. Le réticule de la lunette l'accompagne jusqu'au bas de pente. Boum, le chevreuil sous l'impact part en vol plané et va s'écraser dans le ruisseau en passant à travers les buis. Pas de bruit, je n'ai aucun doute quand à l'efficacité du tir au vu de l'attitude de l'animal à l'impact.
Désormais, le temps sera encore plus long pour moi dans l'attente de la fin de battue pour pouvoir enfin aller voir les deux animaux.
Il est 17 heures. La battue est terminée, je peux descendre dans le ruisseau qui s'avère encombré par des branches et de gros rochers. La progression en tirant les deux gibiers serait impossible. Chevreuil et sanglier gisent à 3 mètres l'un de l'autre.
Le brocard qui doit peser aux alentours de 25 kg a ses bois recouverts de velours. Il est magnifique. La balle de cou explique le vol plané.
Le sanglier, à mes yeux, très gros, est porteur d'un trophée splendide.
François est allé aux voitures chercher une longue corde pour pouvoir remonter les animaux. Il va y avoir du sport! Aidé par les valeureux postiers du « Grand Gravas » qui nous ont rejoint, le sanglier est halé sur le sentier, puis c'est le tour du brocard. La descente vers les voitures sera joyeuse.
Au rendez-vous de chasse, les discussions vont déjà bon train. Le débarquement des animaux va immédiatement déclencher des appréciations flatteuses concernant le trophée et divergentes quand au poids.
Le sanglier pèse 103 kg, mais possède des « crochets » dont l'apparence extérieure laisse présager un trophée relativement rare dans notre région.
La séance de dépoilage révèlera des estafilades de 10cm de long et de 2 à 3 cm de profondeur sur les cuisses, ainsi que de nombreuses entailles sur les flancs qui témoignent de la lutte impitoyable que se livrent les grands mâles pour avoir l'exclusivité des dames de la compagnie.
A partir de ce moment, je jubile intérieurement, C'est mon plus gros sanglier et en prime mon plus beau trophée. Cela fait trente ans que je chasse exclusivement le grand gibier et trente ans que j'attends un tel instant. Je lis dans les yeux brillants de mes compagnons de chasse la même envie que celle qui m'habitait quand je voyais les trophées obtenus par les autres chasseurs. Patience, votre tour viendra un jour.
Les félicitations et les allusions concernant « mon c.. bordé de nouilles » affluent. Il est vrai, que ces deux pièces portent mon tableau annuel à 10, dont une après-midi avec la récolte de 4 bêtes rousses. Si on ajoute à çà mon passage à la retraite depuis le début octobre, je peux effectivement considérer que décidément ce n'est pas « une anus horibilis du tout ».
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Bastien
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MessageSujet: Re: Trophée   Mer 11 Avr - 19:16

slt
Joli trophé et joli recit
Félicitation!!
@+

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Trophée

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